Eloge de la souffrance …

Grandir sans souffrir ?

Difficile !

La souffrance et les difficultés sont le terreau de la croissance de la conscience. L’adversité est nécessaire (souhaitable ?).

Souffrir est signe de bonne santé, c’est une chance, une réelle opportunité de croissance individuelle. Au plus nous souffrons et au plus, nous cherchons de solutions, nous sommes poussés à grandir car sans douleur, peu de croissance.

Bien sûr, c’est un travail. Difficile parfois, mais qui en vaut la peine souvent.

Un chemin, au cours duquel, vous apprendrez que vous n’êtes pas celui qu’on vous a dit que vous étiez ! Vous êtes souvent même tout l’inverse ! Vous apprendrez que vous avez fait au mieux dans les circonstances plus ou moins chaotiques qui ont jalonné vos premiers temps de vie et qu’alors vous êtes pleins de ressources.

Apprendre à connaître qui nous sommes réellement, et non pas croire que nous sommes nos défenses ou nos comportements acquis. Arriver à se désamalgamer de ces éléments.

Nous souffrons justement, car nous savons au fond de nous que nous ne sommes pas cela et que nous ne voulons plus fonctionner comme avant (même si c’était nécessaire ça ne l’est plus aujourd’hui). La souffrance s’origine dans un conflit intérieur entre l’être (l’inné) et ce qui a été acquis au sein de l’environnement. C’est en cela que c’est très positif de souffrir, car cela sous tend que vous vous souveniez de la personne que vous êtes réellement, profondément et qu’en quelque sorte elle vous « pousse » à tendre vers elle …

Aujourd’hui, faire ce travail est possible, notamment avec tous les moyens de communication et les informations dont nous disposons.

Reste à travailler ce terreau (à recycler sa peine en quelque sorte), via le moyen qui vous convient le mieux, jusqu’à que la souffrance que vous ressentiez comme « handicapante » se « transforme » en force, en une source de vie importante, un certain accord intérieur.

Le traumatisme ; Brève approche théorique

(Il existe plusieurs types de traumatismes. Cet article vise à éclairer ce qu’il en est d’un traumatisme « simple » en ce sens qu’il est survenu qu’une seule fois et qu’il s’agit d’un évènement isolé. Le terme « simple » ne dénie rien de son intensité et se rapporte plutôt à une fréquence)

Qu’est ce qu’un trauma ?

« Un choc inattendu, écrasant, qui agit pour ainsi dire comme un anesthésique » L’évènement est vécu comme imprévisible, inacceptable, la personne n’a pas de contrôle et pas de possibilité d’arrêt. Elle n’ a pas non plus de recours au sein même de la situation pour faire face à la menace et à la blessure que celle-ci représente pour son intégrité psychique  et physique.

Le trauma est brutal, violent et inexpliqué.

Louis Crocq estime qu’il « n’est pas seulement effraction, invasion et dissociation de la conscience il est aussi déni de tout ce qui était valeur et sens et surtout perception du néant, mystérieux et redouté, ce néant dont nous avons l’entière certitude qu’il existe, inéluctablement, mais dont nous ne savons rien et que nous avons toute notre vie nié passionnément »

Sans demi-mesure

L’évènement traumatique expose l’individu à la mort et au néant, à sa propre vulnérabilité, il le confronte à la fin de son monde idéal, non violent, bienveillant. Il détruit l’insouciance, qui lui permettait d’envisager le futur dans un état de relative sérénité.

Il y a traumatisme, lorsqu’un individu fait face à un excès de tension (dues au choc) qui va faire déborder ses capacités d’élaboration et de liaison psychiques. En survenant dans l’effroi, le trauma cause une effraction généralisée à l’intérieur de l’être et fait place à la sidération. L’état de sidération, va inhiber la pensée et procéder à l’ « Arrêt de toute espèce d’activité psychique, joint à l’instauration d’un état de passivité dépourvue de toute résistance ». Aussi, le trauma va fixer l’individu dans un monde dénué de mot, un monde où le réel de la mort a été introduit. L’effroi, à l’image d’un coup de tonnerre dans le ciel (plus ou moins) bleu de la psyché, a engendré le chaos intérieur.

L’arrêt de la continuité psychique, causé par la sidération, va désintriquer le lien corps-psyché (et souvent donner lieu à des somatisations et des crises d’angoisse d’intensité variable).

Le sens de « tout ça » est frénétiquement recherché car souvent il a été perdu, parfois il augmente l’angoisse et la culpabilité.

Pour se défendre des effets désorganisateurs ainsi que de la confusion mentale produite par la commotion, le psychisme va (tant bien que mal) mettre en œuvre des mécanismes de défense, différents, plus ou moins complexes, et sur des durées différentes … (déni, clivage, amnésie, dissociation…)

Le trauma peut donner lieu à un état de stress post traumatique mais ce n’est pas toujours le cas. La « suite » dépendra d’une multitude de facteurs (dont l’état physique de la personne, ses fondations psychiques, le type de trauma, qui est responsable du trauma, la personne a t -elle était soutenue ou pas ?)


Sources : FERENDZI, Sandor, « Le traumatisme », ROUSSILLON René, « Jalons et repères de la théorie psychanalytique du traumatisme psychique » CROCQ, Louis, « 16 leçons sur le trauma ».

PARADIGME DE L’ATTACHEMENT

Champ de la psychologie pluridisciplinaire et très intégratif, La théorie de l’attachement étudie la construction et le développement de l’être humain, du nourrisson à la personne âgée. Elle est centrale si l’on envisage une compréhension globale de l’être social qu’est l’être humain.

Elle ne se limite pas à l’étude des liens noués durant les premières années de vie, pour la simple et bonne raison que nous n’arrêtons jamais d’être des individus sociaux.

Nous le restons à vie.

La théorie de l’attachement, permet d’appréhender l’origine et la fonction des besoins fondamentaux de l’homme et ainsi mieux saisir comment certains troubles sont en réalité des moyens pour s’adapter et survivre ( à un environnement menaçant, non secure…).

Sous son éclairage le trouble n’en ait plus un, il est un comportement adaptatif (certes bruyant). Ce comportement adaptatif qui découle d’un attachement insecure ou désorganisé-désorienté est très souvent considéré comme négatif par l’environnement mais aussi comme étant à l’origine de difficultés au sein de la famille, à l’école, au travail.

Or ce comportement n’est « que » l’effet (la conséquence). Derrière lui, se trouve la cause.

Sous l’éclairage de la théorie de l’attachement, l’effet n’est pas la cause.

Le point de vue change. RADICALEMENT.

Si, l’attachement joue un rôle majeur dans la régulation du fonctionnement psychophysiologique et dans l’apprentissage de la régulation des émotions négatives, la théorie de l’attachement propose de considérer la psychopathologie de l’être humain comme très corrélée aux carences dans le développement et la consolidation du lien d’attachement.

L’éclairage qu’elle apporte, offre de nouvelles perspectives de compréhension beaucoup moins pathologisantes.

Par ailleurs, et c’est peut-être le plus important :

Grâce à la plasticité que permet le cerveau et avec l’outil du reparentage (voir onglet thérapie) il est possible d’apporter rétroactivement ce qui a manqué durant les phases de développement et permettre au patient de reprendre les pleines commandes de sa vie en tant qu’adulte. Car oui, s’il est bien adulte sur le papier et ce depuis longtemps parfois il faut garder à l’esprit que le temps de l’horloge n’est pas celui du psychisme et que le besoin inné d’obtenir un attachement secure demeure …

Tant que ce besoin essentiel n’est pas comblé, il est difficile d’être serein et apaisé dans sa vie d’adulte. Et puisque l’esprit et le corps se modèlent conjointement les carences d’attachement induisent une multitude de difficultés psycho-biologiques et psycho-corporelles.

Concernant la prise en charge thérapeutique des troubles de l’attachement, vous pouvez consulter ; http://www.ma-psychotherapie.fr/therapie-des-etats-du-moi/

« Sans relation, point d’existence : être, c’est être relié… » Krishnamurti

A propos de la transmission de l’attachement insecure


« Il apparaît que ce n’est pas la nature du vécu des parents qui prédirait le type d’attachement de l’enfant mais plutôt l’importance de leur position défensive. Les comportements défensifs que certains parents ont à l’égard de leurs enfants en situation de stress ou de demande affective, trouvent leur origine dans leurs propres stratégies défensives » P.Fonagy


Les défauts de réponse de la mère à l’égard des besoins de son enfant proviennent de ses propres défenses contre la reconnaissance et la compréhension d’affects négatifs en elle-même.

Ce sont ses émotions négatives (sa souffrance ) qui ni acceptées, ni intégrées, lui font rejeter les besoins de son enfant. Ainsi, lorsque l’enfant, sollicite son parent pour un besoin affectif, le parent va rejeter sa demande afin de se protéger de ses propres émotions : c’est cela la position défensive. (C’est un mécanisme automatique de défense, difficile à réguler consciemment).

Dans le processus de transmission de l’attachement insecure, c’est donc la partie enfant à l’intérieur du parent, qui prédomine et qui souffre encore de ne pas avoir pu se lier à un adulte bienveillant lorsqu’elle en avait besoin. Je le rappelle, chaque personne est programmée pour nouer un lien d’attachement secure car c’est à partir de ce lien qu’elle va pouvoir se développer, autant psychologiquement que physiologiquement.

L’attachement est donc VITAL.

Ceci étant, la transmission de l’attachement insecure, peut durer longtemps et sur plusieurs générations : L’enfant que vous étiez a souffert de rejet, une fois devenu adulte, vous rejetez les besoins de votre enfant (parfois complètement inconsciemment) car vous souffrez toujours, votre enfant souffre de votre rejet et etc …


De ce schéma simplifié, il faut surement retenir, qu’il n’y a pas de déterminisme familial.

La transmission de l’attachement insecure peut cesser, sans thérapie ou avec mais jamais sans prise de conscience de sa propre souffrance car c’est cela qui fait contrepoids à la position défensive en permettant d’être dans l’empathie vis à vis de soi même et par la suite à l’égard des besoins de son enfant.

Dépression et attachement : Quels liens ?

Considérée comme un problème de santé public majeur, la dépression touche mondialement plus de 300 millions de personne. La France, est en tête du classement mondial, avec un taux moyen de 12 % de personnes dépressives. 

Avec une amplitude variable d’une personne à l’autre et d’un épisode à l’autre, le syndrome dépressif est caractérisé par :

    • La tristesse, les pensées négatives, la perte d’intérêt ou de plaisir, les idées suicidaires
    • La culpabilité, la faible estime de soi
    • Des troubles du sommeil ou de l’appétit, des troubles sexuels
    • Un ralentissement psychomoteur (troubles cognitifs), une sensation de fatigue et un manque de concentration, une perte d’initiative, une notion d’effort pour toute action

L’angoisse

Presque toujours présente dans la dépression, elle peut paralyser ou au contraire susciter de l’agitation. Elle créer des symptômes somatiques sur le registre de la peur : oppression dans la cage thoracique, boule dans la gorge, sueurs, palpitations …

« L’angoisse est un état qu’on peut caractériser comme un état d’attente de danger, de préparation au danger, connu ou inconnu »

Par la multitude de symptômes qu’il engendre, le syndrome dépressif « entrave la capacité d’une personne à fonctionner dans sa vie quotidienne ». Il est décrit comme à la fois :

« Celui qui a perdu l’envie. Un menteur par omission ; Ce qu’il dit est vrai, mais il ne voit plus que le côté négatif des choses. Celui qui n’a plus la possibilité de se projeter dans un avenir même proche »

Le risque suicidaire

« L’idée de la mort est toujours présente dans la dépression, elle est parfois même omniprésente, elle peut l’être de façon « implicite ou explicite ». La perte d’espoir, l’impossibilité de se projeter dans le futur conduisent à l’idée de mort ».

La dépression est la première cause de suicide en France. Près de 70 % des personnes qui décèdent par suicide souffraient d’une dépression, le plus souvent non diagnostiquée ou non traitée. Certaines personnes souffrant de dépression ne veulent pas tant mourir, que mettre fin à leur douleur psychique. Dans certains cas, le suicide devient « l’ultime recours » envisagé, pour arrêter de souffrir.

Quelle est l’origine de la dépression ?

Il n’y a pas de modèle explicatif unique, les causes sont multiples. Imparfaitement connues… Elle serait le fruit d’une interaction complexe entre facteurs :

  • Biologiques (maladie, alimentation, hormones, antécédents familiaux…)
  • Psychologiques (deuil, négligence, traumatismes…)
  • Sociaux (pauvreté, isolement…)
  • Environnementaux (éducation, valeurs familiales, culture de la société …).

La prévalence entre les sexes est aussi fortement inégale, la dépression touche en France deux fois plus de femmes que d’hommes.

Même si aucune théorie ne saurait à elle seule expliquer les raisons d’un trouble si complexe, plusieurs études, notamment en France et aux Etats-Unis mettent en corrélation un lien existant entre les liens d’attachement insecure et la survenue d’épisodes dépressifs. 

Si les dépressions ont toutes un tronc commun : « L’épuisement des mécanismes mentaux habituellement mis en œuvre pour maintenir le psychisme dans un état de satisfaction ou tout du moins d’équilibre », le modèle de l’attachement paraît pouvoir nous éclairer, quant aux modalités d’épuisement (et de maintien) de ces mécanismes mentaux. 

Les différents types d’attachement

Les réponses quotidiennes que l’enfant reçoit de ses figures d’attachement (Papa, maman ou substitut) vont former un système  (ou modèle) d’attachement. Il sera de type secure, insecure ou désorganisé. 

  • Lorsque les interactions avec les figures d’attachement de l’enfant sont régulières, bienveillantes, prévisibles, on parle d’attachement « secure ».
  • Lorsqu’elles sont irrégulières, imprévisibles, rejetantes, non sécurisantes, l’attachement est « insecure ».
  • Lorsqu’elles sont maltraitantes, sévèrement négligentes et que l’enfant est aux prises avec des peurs intenses face auxquelles il n’a aucune solution, ni aucune issue, il est question d’attachement « désorganisé ».

QUELS LIENS ENTRE LA DEPRESSION ET L’ATTACHEMENT ?

1/ Les expériences de pertes et de séparations 

Les expériences de pertes (décès, séparation …) jouent un rôle prépondérant dans l’émergence du syndrome dépressif, d’autant plus lorsqu’elles surviennent durant l’enfance. Ces expériences précocement douloureuses, fragilisent l’individu et s’expriment sous la forme d’un deuil pathologique. J. Bowlby, estime que l’expérience de perte, peut contribuer de manière causale à un état dépressif par l’intermédiaire de l’un des trois moyens suivants :

    • En tant qu’agent provoquant. Elle accroît le risque de développement d’une perturbation et détermine le moment où elle se produit.
    • En tant que facteur de « vulnérabilisation », dans le sens où elle accroît la sensibilité de l’individu face à certains évènements.
    • En tant que facteur ayant une influence à la fois sur la forme et sur la gravité de l’état dépressif

2/ La formation des Modèles Internes Opérants (M.I.O)

Sous l’influence des réponses obtenues par les figures d’attachement, des pensées type vont se constituer (vis à vis de soi-même) puis se généraliser (vis à vis du monde). Exemples ; A la pensée « Je ne suis pas aimable » va s’ajouter et se généraliser la pensée : « Personne ne pourra m’aimer ». A la pensée « Je ne peux pas faire confiance à mes parents » va s’ajouter et se généraliser la pensée « Les autres vont me trahir »…

Ces modèles de pensées, appelés modèles internes opérants, permettent à l’enfant d’anticiper les réponses à venir en schématisant son environnement. Grâce à ces schémas, l’enfant s’attend à recevoir des réponses négatives, son environnement devient alors prévisible et son sentiment d’impuissance est diminué. En exerçant un certain contrôle sur les réponses à venir en s’y attendant, son anxiété est régulée, contenue.  

Les modèles de pensées qui ont permis à l’enfant de s’adapter par le passé, perdurent à l’âge adulte, alors que l’environnement a (radicalement) changé !

Pourquoi ? Parce-que « Plus ces modèles de relations sont activés, plus ils se consolident, tendent à être automatiques et inconscients et ont un impact sur les processus psychologiques et la personnalité ». Et il se trouve que l’enfance dure longtemps … 

Elaborés sur un registre insecure, ces modèles de pensées continuent d’influer sur l’humeur de l’individu en favorisant « les idées noires » sur lui-même et sur son environnement : Culpabilité, sentiment de ne pas être à la hauteur, dénigrement de soi-même et du monde, perte d’espoir.

Pas de syndrome dépressif sans pensées négatives

Le jugement et le raisonnement imprégnés par la tristesse, l’anxiété et le pessimisme impactent l’humeur de l’individu. Ce sont ces vieux schémas de pensées qui prédisposent l’individu à la dépression. Du point de vue de l’attachement, ce ne serait pas la dépression qui entraînerait les pensées négatives mais plutôt l’inverse

En 1984, le psychiatre J. Bowlby décrivait : « L’hypothèse de l’attachement comme modèle de vulnérabilité préexistant à la dépression s’appuie sur l’idée que l’attachement est davantage une caractéristique psychologique durable, liée à un fonctionnement relationnel stable construit dans la prime enfance ». 

3 / La régulation émotionnelle et la capacité de mentalisation

Le syndrome dépressif est un trouble de l’humeur, associé à la tristesse, à la culpabilité et presque toujours l’anxiété. Au cours d’un épisode dépressif, les émotions sont difficilement gérées et contenues, elles surgissent sous une forme « brut » et envahissante.

En 2013, une étude américaine, fait clairement ressortir le lien entre les attachements de type insecure, la dépression et la difficulté à réguler ses émotions. Selon ses résultats, le type d’attachement et les symptômes de dépression et d’anxiété seraient médiés par la capacité à gérer efficacement ses émotions. En effet, l’attachement insecure, favorise la difficulté à réguler les affects et accroît le sentiment d’insécurité intérieur.

L’INPES, souligne que les personnes souffrant de dépression réagissent avec une grande sensibilité aux situations de la vie quotidienne, comme s’il manquait un «Espace d’amortissement » entre elles et leur environnement.

Cet « espace d’amortissement », est une composante de la capacité de mentalisation. Cette fonction de mentalisation sous-tend la compréhension des états d’âmes et des expériences émotionnelles, liées aux autres et à soi-même. Elle permet de s’ajuster à l’environnement, de traiter les expériences affectives. Elle contribue de façon essentielle à la régulation des émotions, au contrôle des impulsions, et à la maîtrise de soi même. La capacité de mentalisation « donne du sens à l’expérience interne sans que l’individu soit envahi par ses émotions ou coupé de celles-ci »

Pour qu’elle puisse opérer, il est nécessaire que la figure d’attachement ait au préalable joué son rôle : C’est-à-dire sécuriser et apaiser l’enfant face à ses tensions intérieures parfois intenses, et qu’il n’est pas en capacité de réguler seul. Cette régulation quotidienne va lui permettre d’adapter son ressenti émotionnel sans être submergé, trouver des solutions seul et savoir demander de l’aide en cas de besoin. 

A l’inverse, lorsque les figures d’attachement n’ont pas ou peu régulé les émotions de l’enfant en amont, celui-ci reste envahi par ses peurs et son anxiété, qui augmentent à mesure qu’elles ne sont pas apaisées. La carence de régulation émotionnelle qui en découle entrave le développement de la capacité de mentalisation de l’enfant. Cette « carence » pourrait en partie expliquer la survenue d’épisodes dépressifs, anxieux, voir phobiques à l’âge adulte.

Pour conclure …

Même si les premiers liens d’attachement ont une importance non négligeable, rien n’est définitif, ni perdu. Grâce aux nouvelles thérapies, il est possible de retravailler les modèles de pensées et les réactualiser. Ce travail permet de s’extirper d’un destin dont on ne veut pas, parce-que justement il n’est pas choisi …

Sources : INPES ; H.Cuche 1997 ;  Douglas 2013 ; Dassonville ; 2007, American Journal of Orthopsychiatry, S.Marchand ; Bowlby : Attachement et perte ; Mercier, Martin, Paillard, 2014 ; Fonagy, Target 2017 ; Slade 2005 ; M.Main 1991, citée par Fonagy ; Freud, Au delà du principe de plaisir.

La négligence parentale

« La qualité des liens affectifs avec les parents ou leur substitut développés pendant les premières années de vie influence profondément le développement affectif et social de l’enfant. Si la vie reste une aventure où chacun garde une certaine part de liberté et de chance d’évoluer, les fondements de la personnalité se construisent dans la petite enfance » (Cyrulnik, 2006).

La négligence influence négativement le développement.

En ignorant, voir en rejetant les besoins fondamentaux de stimulation et de reconnaissance, de l’enfant, l’adulte ne lui donne pas de place pour exister en tant qu’individu. Et pourtant, ce processus d’individuation est très important car comment est-il possible de construire sa propre identité lorsque l’on n’est pas reconnu par ses figures d’attachement?

Quand parle-t-on de négligence émotionnelle ?

Dans le cas où l’adulte prive l’enfant des stimulations et des réponses essentielles et nécessaires à son épanouissement émotionnel et à son développement intellectuel. Lorsque l’enfant n’est pas écouté, qu’on ne lui porte pas attention, ne communique pas avec lui, qu’il n’est pas considéré comme un individu à part entière. Quand l’adulte est peu empathique envers lui, émotionnellement indifférent, qu’il ne répond pas à ses besoins, qu’il est continuellement occupé ou préoccupé, déprimé, en d’autres termes, lorsqu’il est psychologiquement indisponible.

La négligence parentale se caractérise, non pas, par ce que l’on fait à un enfant, mais par ce qu’on ne lui fait pas. « C’est un sujet extrêmement important », estime le Professeur Emmanuel de Becker, pédopsychiatre : « Il s’agit d’une atteinte au niveau des besoins élémentaires de l’enfant pour qu’il puisse se construire, s’épanouir, se développer. La négligence parentale n’est pas une maltraitance active dans le sens où on frappe l’enfant, où on abuse de lui. Elle concerne un enfant qui n’est pas pris en compte, qui n’existe pas, qu’on oublie. Elle provoque des dégâts dans la construction psychique et relationnelle du jeune sujet. »

« Les neurosciences, nous apprennent que la priorité du développement est donnée au cerveau droit, siège de la régulation émotionnelle chez le tout petit être humain depuis sa vie intra utérine jusqu’à ses deux ans » Si pendant 2 ans, le cerveau émotionnel est LA partie cérébrale la plus active chez le petit enfant, on peut imaginer l’importance qu’il y a, à combler ses besoins émotionnels, particulièrement durant les premières années de vie.

De quels besoins parle t -on ?

Du besoin affectif indispensable à la construction de l’être humain. Un besoin de lien sécurisant, qu’il est programmé à recevoir au même titre que des besoins tels, que l’alimentation, le sommeil… Cette régulation va nourrir le sentiment de sécurité intérieur de l’enfant/adolescent, et poser les jalons de son sentiment d’identité. En effet, l’être humain ne peut (sereinement) se construire seul. Combler ses besoins affectifs dans un environnement calme et prédictif, permettra à un noyau solide de se developper (il pourra mener sa barque d’adulte sans tomber à l’eau à chaque coup de vent). Plus l’enfant, va être « attaché » de façon sécurisée à sa mère, à son père (ou autre), plus il sera indépendant à l’âge adulte.

Contrairement à ce que l’on peut entendre, ou lire, consoler un enfant va l’aider à devenir plus autonome et non pas l’affaiblir. Si l’on veut aider un enfant à faire face à la vie qui l’attend, il faut au contraire lui donner de l’affection ! La négligence abîme, fragilise et si elle donne l’impression de renforcer l’enfant ce n’est qu’en apparence car le renforcement est négatif (cela donne lui à de la colère, de l’agressivité, de l’anxiété …)

Plus, l’enfant est confronté à un adulte qui n’est pas fiable, prévisible, et disponible, pour soulager sa peine, sa détresse, ses angoisses, ses peurs, plus il sera fragilisé pour le futur mais aussi dans le présent. Ne pouvant « décharger » ses maux, et ne pouvant pas non plus les contenir (son système cérébral étant trop immature), il sera pourtant bien obligé de devoir « faire quelque chose » de ses émotions négatives : Le passage à l’acte sera alors favorisé. L’enfant sera qualifié d’impulsif, de colérique, il pourra devenir agressif envers lui même et/ou les autres. A l’inverse, il pourra inhiber ses émotions et tenter de s’effacer avec l’idée qu’il souffrira moins en « disparaissant ». Il pourra aussi développer une personnalité « comme si » (le « faux self »), en se coupant de lui-même et en se conformant à ce qu’on attend de lui (en se perdant en chemin…)

Quelles conséquences ?

La négligence peut laisser un sentiment d’abandon dont il est difficile de s’extirper. La sensation d’avoir été affectivement abandonné peut être vécue très violemment par l’enfant ou l’adolescent et ne pas s’atténuer à l’âge adulte.

« Le manque de stimulations, les rythmes de vie incohérents vont empêcher l’enfant de pouvoir prévoir ce qui va se produire dans son environnement ou quel va être l’effet des signaux qu’il émet. Or, la possibilité d’anticiper est un des fondements indispensables de la construction de la pensée ». Ainsi, on peut constater des troubles de mémoire, des difficultés d’organisation, chez les enfants et anciens enfants négligés.

« L’enfant en détresse est chroniquement stressé, par cette absence d’altérité, par cette individuation qui ne se fait pas. L’effet du stress sur son petit cerveau pourra provoquer des dégâts à moyens et long terme, et interférer avec : sa croissance, ses sphères cognitives, émotionnelles, relationnelles. Lorsque l’enfant est en manque de supports identificatoires, il peut présenter une profonde détresse psychique, parfois aussi physique, et manifester une souffrance telle qu’il plonge dans une dépression pouvant débuter tôt dans sa vie ».

Il pourra développer des troubles somatiques, symptômes de sa souffrance : Angoisse, terreurs nocturnes, sensation d’étouffement, nausées, maux de ventre, palpitations, énurésie, tristesse, donner l’impression que son corps est « mou », l’enfant se sent lourd. Ces troubles somatiques, plus ou moins bruyants, devraient éveiller l’attention des adultes qui entourent l’enfant.

La négligence, elle-même négligée !

De façon générale, l’enfant parle peu de la négligence qu’il vit , d’autant qu’il n’a souvent connu que ce mode d’éduction depuis qu’il est né. Même si il sent bien qu’il n’est pas heureux, il n’est pas certain de savoir ce qui est normal et ce qui ne l’est pas. Et si tant est, qu’il ose en parler, on lui répondra souvent qu’il exagère que ses parents font tout pour lui qu’ils sont tellement gentils ou encore qu’il a tout pour être heureux, que ce n’est pas si grave.

Double peine, n’est-ce pas ?

Dans de nombreux cas, l’enfant culpabilise même d’aller mal, puisqu’après tout il n’est pas physiquement frappé ou violenté, donc il pense que ce n’est pas si grave. Pourtant, plusieurs auteurs, estiment que « Les séquelles psychologiques sont jugées plus sévères que les séquelles physiques car on les croit plus durables que les secondes, profondément incrustées et très difficiles, voire impossibles à extirper de la victime ». Dans ce contexte, la négligence parentale ne peut être considérée comme une sous-catégorie de la maltraitance. Minimisée, relayée au second plan derrière la maltraitance physique, plus flagrante et moins difficile à prouver : Son silence et sa discrétion n’en font pas moins une forme de maltraitance à part entière. Combler les besoins affectifs de l’enfant est vital. Il n’y a qu’à voir la souffrance et les dégâts que la négligence occasionne, pour ne plus en douter.

La négligence doit être prise au sérieux. Elle devrait déjà l’être.

(La négligence se traite en séance en comblant retro-activement les carences affectives de l’enfance, via le re-parentage notamment)

Sources : psy.be / actionenfance.org / Gagné et Bouchard / Bio-info / J.Smith

L’Etat de Stress Post Traumatique

Une réaction adaptative au départ …

Face à un danger, une réaction de défense immédiate se mets en œuvre, elle est communément appelée « état de stress ». Cette réaction est un moyen de défense et un moyen d’adaptation face au danger. En effet, le stress est vital à la survie de la personne, il lui permet de prendre la fuite ou de se défendre. Le psychiatre L.Crocq, définit cet état comme « La réaction immédiate, biologique et psychologique d’alarme, de mobilisation et de défense de l’individu face à une agression ou une menace ». 

Il existe deux types de réactions immédiates face à un trauma :

La première est considérée comme adaptative : elle est caractérisée par une focalisation de l’attention du sujet, elle est mobilisatrice d’énergie, incite à l’action et permet la fuite. 

La seconde est considérée comme inadaptée (dite aussi de stress dépassé), elle se présente sous quatre formes : La sidération, l’agitation, la fuite panique et l’activité d’automate. Elle ne permet pas la fuite et inhibe l’action.

Vient ensuite la période post immédiate qui débute au deuxième jour et s’étend rarement au-delà d’un mois. Passée cette période « d’incubation », on constatera soit un retour à la normale, soit la constitution d’un syndrome psycho-traumatique durable (ESPT)

Lorsque le retour à la normale ne se fait pas

Certaines parties du cerveau  peuvent demeurer suractivées même après plusieurs mois. La réaction extrême ne s’arrête pas et continue de produire des symptômes de défense alors que le danger est passé.

L’ESPT est comparable à une blessure psychique qui malgré le temps qui passe ne se résorbe pas, on peut alors parler de complication de la blessure. Le stress ayant un impact biologique et neurologique, les signes d’hyper vigilance ou d’état d’alerte quasi permanents apparaissent. L’alarme ne s’éteint plus et commence à dérégler le corps et/ou l’esprit.

L’ESPT produit une multitude de symptômes

Insomnies, réactions de sursauts, difficulté de concentration, troubles somatiques, dépression, fatigue importante, sentiment d’avenir bouché, vision pessimiste, conduites d’évitement, altération de la qualité de vie du sujet (fonctionnement social, professionnel…), Anxiété, phobie, reviviscence de scènes traumatiques, état dissociatif, pleurs, image détériorée de soi-même, impression de futur impossible, perte d’espoir.

 Un évènement imprévisible, inacceptable dont l’individu ne parvient plus à se défaire. Pourquoi ?

Louis Crocq estime que « le traumatisme n’est pas seulement effraction, invasion et dissociation de la conscience il est aussi déni de tout ce qui était valeur et sens et surtout perception du néant, mystérieux et redouté, ce néant dont nous avons l’entière certitude qu’il existe, inéluctablement, mais dont nous ne savons rien et que nous avons toute notre vie nié passionnément »

En outre, le traumatisme expose l’individu à sa propre vulnérabilité, il le confronte à la fin de son monde idéal, non violent, bienveillant et ce sans demi-mesure. Il détruit son « insouciance », celle qui lui permettait d’envisager le futur dans un état de relative sérénité.

Les évènements principalement cités comme pouvant générés un ESPT sont  (liste non exhaustive) : Mort ou menace de mort, blessure grave ou menace de blessure grave, agression sexuelle, accident, catastrophe naturelle, décès d’un proche survenu brutalement, agression, guerre…

Pourtant, le  neuropsychiatre Bessel van Derk Kolk, avance que l’on se méprend beaucoup sur la notion de traumatisme et sur les évènements pouvant donner naissance à un état de stress post traumatique. Il précise : « On l’assimile à tort à un évènement horrifique et exceptionnel. Il y a bien sûr des situations extrêmes qui marquent la victime au fer rouge. Mais il y a aussi la foule des malheurs ordinaires inhérents à la condition humaine. S’ils ont été vécue dans un sentiment d’impuissance et de desespoir, ils peuvent eux aussi laisser une cicatrice douloureuse après les faits. Tous ceux qui ont eu des parents violents, vécu une relation pénible, la mort d’un ami ou même un accident, le savent bien. Certes, ils ne présenteront pas tout les symptômes de l’ESPT mais nos recherches nous montrent qu’à un degré moindre de très nombreuses personnes portent la trace du trauma dans leurs corps »

D’ailleurs, selon l’’institut de victimologie français :  » Toutes les formes de maltraitances et de violence récentes et/ou anciennes devraient être systématiquement recherchées dans tout bilan clinique. Car les EPST sont souvent sous diagnostiqués par le corps médical et paramédical ». Dans les cas de maltraitances chroniques durant l’enfance, on parle d’avantage d’état de stress post traumatique complexe. 

Quant à la prise en charge thérapeutique de l’ESPT (simple ou complexe) : Il est selon les spécialistes (et je le pense aussi) nécessaire d’associer le corps et l’esprit (les deux fonctionnants conjointement). L’EMDR, l’Hypnose, l’EFT, La S.E peuvent être des thérapies adaptées. 

Pour plus d’information : http://www.ma-psychotherapie.fr/therapies/

Maltraitance, Négligence : Conséquences & Solutions

Humiliation, violence physique et verbale, manque de contenance, parent continuellement préoccupé et absent psychiquement, environnement anxiogène, ambiance incestueuse, inceste

Autant de situations à l’origine de stress aigus. Face à la répétition des traumatismes, un état de « stress chronique » peut se déclencher et altérer le fonctionnement psychologique et biologique de l’enfant (hyperactivité, troubles de l’apprentissage, isolement, comportement violent, impulsivité, incapacité à réguler ses émotions…)

Le stress généré par la violence abîme profondément durant ces périodes là. D’autant, que l’enfant et l’adolescent sont en construction sur le plan neurologique et physiologique. Les digues psychiques ne sont pas encore bien érigées.

« La maltraitance physique est généralement accompagnée de maltraitance psychologique, mais l’inverse n’est pas nécessairement vrai »

La maltraitance ne se résume pas à des bleus sur le corps. Elle peut être invisible, silencieuse et pour autant générer des troubles importants. Privés d’amour ou d’attention,  ignorés, isolés, considérés comme des adultes avec des responsabilités complètement inadaptées à leur âge, insécurisés et n’ayant pas la capacité de se réconforter seuls, l’enfant et l’adolescent souffrent aussi. Sans cri et sans coup, la maltraitance est pourtant belle et bien présente. Tout autant destructrice que la maltraitance physique. La maltraitance psychologique est un véritable poison.

Le psychologue, Jérôme Guay, nous dit : « Le véritable trauma, sous-jacent à la maltraitance et à la négligence, c’est le fait d’avoir été abandonné, de ne pas avoir été protégé, de ne pas avoir été important, de ne pas avoir compté,. On peut souvent constater que les troubles anxieux ou les réactions dépressives ont comme fondement la peur de l’abandon» .

LES REPERCUTIONS

Lorsque les blessures physiques et psychologiques sont infligées par ceux qui sont censés aimer et protéger l’enfant ou l’adolescent les risques sont aggravés.

Les conséquences d’une enfance maltraitée, négligée sont variées, la liste ci dessous reprend les conséquences les plus fréquentes. Elle n’est pas exhaustive puisque chaque être humain et chaque histoire sont uniques (certains éléments sont extraits du site ; http://www.maltraitance-stresschronique.info/info.html).

* Une humeur de tendance dépressive sur fond de tristesse avec attitude plutôt taciturne et réservée, parfois effacée. La personne peut être résignée face aux difficultés de la vie, cherchant même parfois à les provoquer sans s’en rendre compte, notamment dans la vie de couple ou familiale.

*Une fatigue persistante même en dehors des périodes dépressives. Un besoin important de repos qui n’est pas forcément lié à la pratique d’une activité physique.

*Un manque d’organisation important parfois même perçu par la personne comme handicapant. Des pertes de mémoire récurrentes, une sensation de brouillard qui l’empêche d’y voir clair et de pouvoir analyser les situations correctement.

* Une angoisse diffuse généralisée de type existentiel avec préoccupations ou inquietudes sur tout, s’attendant à ce qu’un évènement tragique vienne lui barrer la route, voyant toujours le pire à sa porte. On dit de cette personne qu’elle est « une grande anxieuse, une grande angoissée » (Cette angoisse est NORMALE, il n’y a pas de culpabilité à avoir)

* Doute, y compris quand il y a réussite socio-professionnelle (tendance à se dénigrer) et manque de confiance en autrui malgré un entourage stable et sécurisant. Cette angoisse est principalement observable dans la relation de couple, d’où le besoin d’être toujours réconforté, rassuré tant sur soi que sur l’amour et l’affection que porte le conjoint.

* Une tendance (plus ou moins marquée) à tester les limites en couple pour voir si celui ou celle qui partage sa vie, l’aime réellement et compte vraiment rester avec il/elle quoi qu’il arrive. Chez certaines personnes dites abandonniques, cette tendance se traduit par un phénomène de « yoyo », qui consiste à quitter, revenir, quitter, revenir… pour « voir » ce qu’il se passe. Ils testent inconsciemment l’amour inconditionnel dont ils ont manqué. On parle aussi de « phénomène de répétition », qui consiste à rejouer de façon inconsciente les abandons passés toujours douloureux.

*Difficultés à vivre en couple, peur, parfois refus de l’intimité, besoin viscéral de solitude. Sentiment d’être incompris,  nécessité de se tenir éloignés des autres ou en contact  mais sur une durée modérée.

*Pleurs, tristesse, sentiment de vide et de futur impossible, perte d’espoir.

*Image détériorée de soi même, trouble de l’identité, trouble de perception de la réalité.

*Tendance à l’autodestruction, intolérance à la frustration ou au stress, instabilité personnelle et/ou professionnelle (Certains comportements qui peuvent s’apparenter à une volonté de ne pas se contrôler, peuvent d’avantage relever d’une IMPOSSIBILITE d’auto-contrôle)

*Souffrances physiques d’origine psychosomatique : Douleurs gastriques, maux de tête, angoisse, oppression dans la poitrine, problèmes de peaux… . Certaines personnes ayant vécu des enfances douloureuses somatisent et « cherchent » la source de leurs maux en multipliant les examens médicaux. Bien sûr, que dans certains cas il y a une maladie organique diagnostiquée mais pour les fois où ça ne l’est pas, il est intéressant d’aborder le passé du patient. Selon l’institut de victimologie français « toutes les formes de maltraitances, récentes et/ou anciennes devraient être systématiquement  recherchées dans tout bilan clinique. »

En effet, les maladies psychosomatiques sont souvent sous diagnostiquées du fait de la méconnaissance et du manque de formation du corps médical sur ce sujet. 

L’étude américaine de Felitti (2010), montre que le principal déterminant de la santé d’une personne à 55 ans est d’avoir subi ou non des violences dans l’enfance.

« Les conséquences sur la santé, sont à l’aune des violences subies. Plus elles ont été graves, fréquentes et plus les conséquences sur la santé sont importantes : risques de mort précoces par accidents, maladies et suicides, de maladies cardio-vasculaires et respiratoires, de diabète, d’obésité, épilepsie, de troubles psychiques, d’addictions, de douleurs chroniques invalidantes, etc… » (source : https://www.memoiretraumatique.org/violences/violences-faites-aux-enfants.html?PHPSESSID=7m6m8vqd6o8sbhr0absins2vf7)

La sagesse populaire veut que le temps guérisse les plaies

Les répercussions de la maltraitance sont nombreuses, durables et même si quelques individus arrivent à s’en accommoder, la majorité se débattent avec leur souffrance avec une impression de survivre. Le souci majeur avec les traumatismes infantiles (traumatismes complexes) c’est qu’ils sont profondément ancrés dans la mémoire non verbale des patients, ils se sont entremêlés à la structure de la personne, des mécanismes s’y sont automatisés et restent figés malgré le temps qui passe.

LA PRISE EN CHARGE

La souffrance d’origine traumatique doit faire l’objet d’une prise en charge psycho-corporelle.

Pourquoi ? Parce que face à la violence et au non -sens, le cerveau isole les affects de la mémoire consciente, en déconnectant plusieurs parties du cerveau entre elles. Il divise l’évènement traumatisant et le stocke à différents endroits de la mémoire en quelque sorte. Par ce procédé, il protège la personne  des effets délétères de tensions trop intenses (Stress et autres hormones).

Face à ces puissants mécanismes d’isolation, il est difficile d’entrer en contact avec la mémoire des émotions par le biais d’un simple raisonnement conscient. D’autant que les souvenirs traumatiques sont stockés sous forme de mémoire somatique (sensations corporelles).

En stimulant le corps et l’esprit simultanément, la reprise de contact s’effectue, la « digestion » puis l’intégration des évènements douloureux est possible. 

La thérapie psycho-corporelle permet cette reconnection corps(émotions)-esprit (L ’emdr entre autre, mais il n ‘y a pas qu’elle http://www.ma-psychotherapie.fr/therapies/))

*L’hypnose, L’eft, l’ICV, La Somatic Expérience, sont aussi des thérapies efficaces, dans la prise en charge des passés traumatiques.

Ci dessous le lien vers un vidéo très intéressante de Bessel Van Der Kolk, spécialiste mondial du trauma et de la maltraitance https://www.youtube.com/watch?time_continue=467&v=4xRilY9chIY

Le travail : Est-ce (encore) la santé ?

De la tentative de déshumaniser les individus pour accroître leur productivité 

Contrairement à la dépression, le burn out n’est pas (encore) considéré, ni reconnu comme une maladie, on parle d’ailleurs de «syndrome» Fortement lié à la dégradation des conditions de travail, il prend une ampleur alarmante selon les spécialistes. Conséquence directe du culte de la performance et de l’urgence cultivées par les sociétés industrialisées,  il illustre combien la culture du résultat, de la concurrence, et la tentative de robotisation des individus, détruisent l’homme et les ressources qui l’animent. 

Le style de management et le manque de reconnaissance de la hiérarchie sont également mis en cause. Christophe Dejours, spécialiste de la souffrance au travail dénonce l’aliénation générée par certaines conditions de travail : « Rendre un corps ou un esprit docile n’est pas chose simple, car il est normalement assujetti à son maître naturel : La personnalité. Aussi, le travailleur finit par confondre avec ses propres désirs, l’injonction organisationnelle qui a pris la place de son libre arbitre ».

Un traumatisme insidieux …

Le burn out s’inscrit dans le temps au travers d’une souffrance quotidienne. Un processus qui confronte la personne, très investie dans son travail, à sa propre vulnérabilité, engendre de l’incompréhension, un sentiment de perte d’identité et l’impression de ne plus être soi-même.

Au plus, le salarié à un rapport authentique au travail plus le risque d’identification à ce dernier est important et avec lui, les risques de souffrances professionnelles. Forcément, lorsqu’il identifie sa propre personne aux résultats obtenus au sein de son travail, il y a un risque en cas d’échec (objectifs non atteints, promotion non obtenue…) de sentir son identité s’effondrer.

L’épuisement professionnel peut aussi être corrélé à un désaccord interne entre les valeurs du salarié et celles qu’il applique ou voit s’appliquer au quotidien, en toute impuissance. On peut remarquer que certaines victimes ont l’impression d’être en contradiction avec l’essence même de ce qu’elles sont. 

Pré – Burn out : Les signaux d’alerte

L’individu, souvent dans le déni va mettre du temps à prendre conscience du mal qui le ronge poussant ainsi son corps dans ses derniers retranchements. En état de stress dépassé, la personne arrive de moins à moins à gérer le quotidien, aussi elle va redoubler de vigilance, être dans l’hyperactivité, l’hyperexcitabilité, contrairement à l’état dépressif où elle va avoir plutôt tendance à être dans la procrastination, la tristesse profonde et l’inactivité. L’association « Le Crédir », a acquis la conviction qu’il existe un syndrome des «3S» : Suractivité, Stress prolongé et Sommeil insuffisant. Selon leurs études, ce syndrome entraînerait le cercle infernal qui conduit au burn out.  

Le point de rupture

Lorsque l’individu atteint son seuil de tolérance psychique et physique sans porter attention aux signaux envoyés par le corps, la rupture se produit. Le corps cesse son travail de prévention et le force  à stopper toute activité. Après avoir lutté, l’individu s’effondre (et c’est totalement normal). Paradoxalement, le burn out permet de protéger du pire, voir d’un retour impossible.  

Un internaute décrit le point d’arrêt qu’il a vécu : « Il m’était tout à fait impossible de d’envisager l’idée de retourner travailler. C’est comme si mon corps refusait brusquement d’obéir à mon cerveau. Mes muscles étaient devenus si lourds que lever le bras me semblait impossible » Plusieurs semaines, voir plusieurs mois d’alitement seront nécessaires pour retrouver un peu d’énergie, certains même devront se rendre en cure de sommeil ou être hospitalisés.

Car, oui,  les conséquences de tels niveaux de stress sur des longues durées mettent l’organisme à rude épreuve et peuvent causer des dégâts irréversibles aux conséquences lourdes. L’élévation importante du taux de cortisol générée par ce stress intense et régulier peut conduire a des pathologies médicales graves, comme des AVC ou des arrêts cardiaques.

En situation de burn out, l’individu est fragilisé, ce qui peut éveiller en lui des failles intimes et anciennes dont il n’avait pas pris conscience. Dans le cas, où il est combiné à des difficultés personnelles ou des épreuves à surmonter en parallèle, il peut donner lieu à une dépression (avec risque suicidaire).

Voici, les principaux symptômes du burn out ; Fatigue persistante, idées noires, insomnie, perte ou prise de poids importante,  problème de concentration, maux physiques, affaiblissement du système immunitaire, évitement des rapports sociaux, isolement, troubles cognitifs (de la pensée), troubles de la mémoire, fatigue, troubles de l’humeur, vision pessimiste et sans espoir de l’avenir.

Vous l’aurez compris, compte tenu des conséquences qu’il peut générer, le burn out est  à prendre très au sérieux.

On ne fait pas son burn out comme on fait sa crise de la quarantaine, ce n’est pas une mode, ni même un passage obligatoire. Les risques pour la santé psychique et physique sont réels, et peuvent avoir de lourdes conséquences. Consultez sans tarder.

Sources : « Souffrance au travail », Christophe Dejours. « Quand le travail vous tue, histoire d’un burn-out et de sa guérison », Aude Selly.

Enfants maltraités, Parents maltraitants ?

Les anciens enfants maltraités / négligés sont-ils de futurs parents maltraitants ?

NON et ce n’est pas une règle.

C’est un cliché qui a la vie dure mais qui n’est ABSOLUMENT pas fondé !

« Cette croyance semble être due au fait que depuis des décennies, les psychologues, se sont bien plus intéressés à la transmission de la violence qu’à sa cessation ».
Jacques Lecomte qui l’a étudiée, a constaté que beaucoup de parents, anciennement victimes, étaient désireux d’entourer leurs enfants d’une atmosphère d’amour, bannissant toute forme de violence de leur éducation.

D’ailleurs beaucoup de femmes enceintes ayant vécue la maltraitance, revisitent leur passé durant cette période et se questionnent sur la manière d’apporter à leur enfant attention, protection et tendresse sans être étouffantes et sans faire peser leurs angoisses. Le désir de bien faire est là et la peur de ne pas y arriver est, elle aussi, souvent présente. Se poser ces questions, c’est déjà chercher à engager des changements.

La capacité de comprendre les états internes de l’enfant

« Les mères reproductrices de la maltraitance semblent ne pas comprendre la complexité de leur enfant et de la relation avec lui. Elles ont tendance à le considérer sous un angle exclusivement négatif ou positif, à avoir une vision simplifiée de la réalité ».

L’enjeu d’une prise de conscience 

« Dans de nombreux cas, les parents qui perpétuaient le cycle de la violence, n’avaient qu’une vague impression de ce qui leur étaient arrivés et ne faisaient pas le lien entre leur passé et les soins fournit à leurs enfants. Dans un déni inconscient, ils semblaient avoir refoulé la maltraitance subie idéalisant même leur passé et le comportement de leurs parents » En effet, dans le cas où un processus de mentalisation (de réflexion) n’a pas été engagé vis à vis du passé, il y a d’avantage de risque d’être pris dans une compulsion de répétition.  « Les parents qui perpétuent le cycle de la violence, répètent ainsi des expériences anciennes sans se souvenir de l’expérience d’origine et avec au contraire l’impression très vive qu’il s’agit de quelque chose de pleinement motivé dans l’actuel »

A l’inverse, la capacité d’analyser de façon réaliste les liens passés et la relation entretenue vis à vis de ses propres parents (ni en les diabolisant, ni en camouflant les souffrances) permet de sortir du soi-disant « sillon tout tracé » de la répétition. Sans ça ,  il risque d’y avoir un « collage » au triste modèle qu’ont été les parents et une répétition des modes relationnels vécus dans l’enfance.

« Les parents qui ne reproduisent pas, sont très conscients et se souviennent avec précision de leur passé de maltraitance, dont ils parlent avec beaucoup d’émotion » Le fait d’être totalement conscient de la souffrance vécue dans leur enfance, a permis aux parents non violents de mesurer l’impact qu’aurait une telle reproduction sur leur progéniture. Il semble que ce soit souvent au moment de leur propre enfance ou de leur adolescence, qu’ils aient pris leur décision et se soient faits « la promesse » de ne jamais reproduire ce qui les a tant fait souffrir.

Dans une étude menée par Crandell, Fitzgerald et Whipple (1997), les auteurs déclaraient : « Le fait d’accéder à la douleur de l’enfance et de l’intégrer constitue un moyen puissant de dissuasion contre la répétition du manque d’amour, tandis que le refoulement, l’isolation, ou le fait d’être absorbé par l’émotion douloureuse sont liés à la reproduction. En l’absence d’émotion intégrée, la prise de conscience peine à se mettre en place ». 

Quelques éléments supplémentaires qui facilitent la fin du cercle de la violence  

Une capacité de réflexion sur soi même et sur autrui. La présence d’un conjoint soutenant,  d’un réseau d’amis, la rencontre avec un tuteur de résilience, l’activité efficace des services de protection de l’enfance par le passé.

« La famille, peut être un lieu de violence extrême, mais elle peut aussi, être un havre de paix et d’amour » …
Sources ; Guérir de son enfance de Jacques Lecomte, Thèse J.Lecomte, www.yapaka.be, Thèse Marie-Lien Duymentz.