Eloge de la souffrance …

Grandir sans souffrir ?

Difficile ! Sans ombre peu de lumière, c’est quelque peu cliché et pourtant… La souffrance et les difficultés sont le terreau de la croissance de la conscience. L’adversité est nécessaire (souhaitable ?).

Souffrir est signe de bonne santé, c’est une chance, une réelle opportunité de croissance individuelle. Au plus nous souffrons et au plus, nous cherchons de solutions, nous sommes poussés à grandir car sans douleur, peu de croissance.

Bien sûr, c’est un travail. Difficile parfois, mais qui en vaut la peine souvent. Un chemin, au cours duquel, vous apprendrez que vous n’êtes pas celui qu’on vous a dit que vous étiez ! Vous êtes souvent même tout l’inverse ! Vous apprendrez que vous avez fait au mieux dans les circonstances plus ou moins chaotiques qui ont jalonné vos premiers temps de vie et qu’alors vous êtes pleins de ressources. Il s’agira d’apprendre à connaître qui vous êtes réellement, et arrêter de croire que vous êtes vos défenses ou vos comportements acquis. Arriver à se désamalgamer de cela pour se (re)trouver.

Si vous souffrez justement, c’est que vous savez, vous sentez au fond de vous même que tout « ça » n’est pas vous. Et vous désirez plus que tout fonctionner différemment, ne plus utiliser ces vieux schémas (même si ils ont été nécessaires auparavant, ils ne le sont plus à présent).

La souffrance s’origine dans un conflit intérieur entre l’être (l’inné) et ce qui a été acquis au sein de l’environnement. C’est en cela que c’est très positif de souffrir, car cela sous tend que vous vous « souveniez » de la personne que vous êtes réellement, profondément et qu’en quelque sorte elle vous « pousse » à tendre vers elle … Aujourd’hui, faire ce travail est possible, notamment avec les nombreux moyens de communication et les informations dont nous disposons.

« Reste » à travailler ce terreau (à recycler sa peine en quelque sorte), via le moyen qui vous convient le mieux, jusqu’à que la souffrance que vous ressentiez comme « handicapante » se « transforme » en force, en une source de vie importante. Que cette souffrance ne détruise plus celui que vous êtes, qu’elle n’emprisonne plus vos potentiels de développement mais devienne plutôt un levier (après avoir été travaillée bien sur …)

Que la liberté installe progressivement ses quartiers en vous … et que vous puissiez croître. Car c’est de cela qu’il s’agit …

Comment choisir son thérapeute ?

Sur quels critères se baser ?

La formation reçue est un des premiers critères à prendre en compte. Pour soigner, il faut pouvoir comprendre, l’être humain étant complexe, il est nécessaire que le thérapeute soit solidement formé. La meilleure volonté du monde ne se substituera jamais à l’acquisition des bases théoriques indispensables à une prise en charge thérapeutique de qualité.

Paradoxalement, il faut aussi garder à l’esprit que le nombre d’années d’études effectué ne pourra jamais prédire de l’efficacité d’un thérapeute . Le docteur Jacques Lecomte nous dit à ce sujet :

« L’étiquette psychologue ou psychiatre semble constituer un sésame absolu (…). Certains estiment que le fait d’avoir suivi une formation pendant plusieurs années procure automatiquement à quelqu’un la compétente pertinente pour aider toute personne qui vient consulter. C’est évidemment faux car il existe de bons et de mauvais psys. Ce propos est d’une telle banalité que je suis presque gêné de l’écrire »

ECOUTEZ VOUS ! Votre intuition vous donnera la réponse, reste à l’écouter …

Choisissez un professionnel qui vous inspire confiance, qui ne vous juge pas et ce quoi que vous lui disiez, c’est important. 

Pour ce qui est du « mauvais psy » voici quelques éléments qui devraient vous alerter :

  • Il parle beaucoup (trop) de lui même et de sa vie privée,
  • Il sous entend plus ou moins directement que les traitements médicamenteux sont inefficaces alors qu’il n’est pas médecin
  • Il manque d’empathie, il émet des jugements (sur vos précédentes thérapies ou sur vos choix de vie par exemple), il vous conseille de façon trop insistante.

Les premières séances servent (notamment) à prendre contact et à faire connaissance, vous êtes de libre de poursuivre ou pas. 

L’inconscient. Un ami en coulisses ?

Selon Freud, certaines pensées, idées ou croyances sont considérées comme inacceptables par l’inconscient qui pour s’en défendre utilise le refoulement. Ce mécanisme chargé de protéger la personne de ses émotions douloureuses n’est pas complétement hermétique (et heureusement!). Ainsi, il donne parfois naissance à des lapsus, des actes manqués qui trahissent sa volonté profonde.

Nous ferions un lapsus tous les 600 à 900 mots ! C’est dire l’omniprésence (l’omnipotence ?) des forces inconscientes dans notre quotidien.

Le lapsus, peut survenir lorsque la personne réprime plus de choses qu’elle n’en exprime. Plus ou moins élaboré, il révèle les profonds désirs et n’a que faire des convenances sociales. Sous le masque du banal accident de langage, il ouvre une porte vers les états d’âme de l’individu.

La face émergée d’un iceberg immergé …

Ce qui est surprenant lorsqu’une personne fait un lapsus ou commet un acte manqué, c’est sa réaction. Elle est très surprise, parfois gênée des décisions, ou des mots qu’elle a prononcés sans avoir eu le moindre contrôle dessus. Pourtant, l’auteur de ces désagréments n’est autre que la personne elle-même. Par analogie avec les rêves, les actes manqués, les oublis et les lapsus, sont une voie d’accès à l’inconscient qui grâce au travail de libre association (en psychanalyse) peuvent éclairer l’individu et le mener à des éléments totalement insoupçonnés.

Le Moi (le conscient) est-il vraiment maître dans sa propre demeure ?

Tantôt libérateur, quand il pousse la personne à agir comme elle le souhaiterait réellement, tantôt protecteur lorsqu’il lui fait oublier ce RDV qui la stresse tant, l’inconscient décide et dirige. Darwin, lui-même dans un souci d’amélioration personnel prenait régulièrement soin de noter les idées et les observations qui lui étaient défavorables, car il savait pertinemment que son inconscient se chargerait bien vite de les lui faire oublier !

L’inconscient : Ce vieux sage …

Quant à ce pressentiment, que chacun a déjà ressenti au moins une fois dans sa vie, il serait également, selon Freud, l’œuvre de l’inconscient : «C’est parce -qu’ il ne sait rien de la motivation de ses propres actes accidentels et parce que cette motivation cherche à s’imposer à sa connaissance, que le superstitieux est obligé de la déplacer en la situant dans le monde extérieur» Pour autant, certaines populations sous couvert de superstition écoutaient leurs inconscients et devenaient ainsi meilleurs psychologues que nous le sommes, selon lui. Les romains, par exemple, analysaient de façon perspicace leurs actes manqués. Si un évènement ou un faux pas se manifestaient avant une visite, ils en déduisaient par superstition qu’il ne fallait pas s’y rendre car il existait une opposition à ce projet. Ils l’attribuaient à des forces extérieures (la superstition) or pour Freud, ce «signe» venait de l’intérieur (l’inconscient).

Peut être (comme souvent) est- ce un peu des deux … Rien n’est simple !!

«On n’est en effet sûr du succès complet que lorsque toutes les forces de l’âme sont tendues vers le but désiré» (Freud)

L’inconscient joue un rôle prépondérant dans la vie du sujet car il le confronte à sa volonté profonde et tente par petites touches de lui faire accepter l’essence même de son « Moi », son être. Non pas qu’il est une conscience ou de quelconques états d’âme ! Il tient simplement le rôle qui lui est attribué : Tenter de conduire les forces psychiques de l’individu vers l’équilibre, vers sa propre réalisation.

L’inconscient, lieu de colocation de l’esprit et de l’âme ?

Qui sait …